Roman

Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette

 

 

Le roman se déroule dans un futur proche.

Moe quitte Tahiti pour s’installer avec Rodolphe à Paris, elle croit fuir ainsi la misère de son île. Se n’est pour elle que le début d’une longue descente aux enfers qui la fera échouer, elle est son bébé Côme, fruit d’une liaison,  à la “casse”. Un centre d’accueil d’urgence pour tous les accidentés de la vie, ils y sont logés dans diverses carcasses de voitures.

Avec le temps plusieurs quartiers s’y sont créés, des bandes organisées également qui règnent en faisant grandir la peur et la terreur et les trafics en tous genres.

Mais au milieu de cette misère sociale Moe y trouvera de vrais amis. Il y  a  Ada, vieille Afghane, la guérisseuse, qui a fui un pays en guerre après la mort de toute sa famille et qui protège son “groupe”, Jaja rejetée par son père puis par sa mère, qui a connu le drogue, Nini peau de chien, qui est prête à tout pour sortir de cet enfer, la Poule, qui avec sa caravane a parcouru le monde après avoir été victime des attentats de Paris, Marie-Thé la haïtienne qui a connu l’esclavage moderne. Toutes ont une histoire touchante. Elles sont tellement humaines et touchantes, qu’on a envie de leur tendre la main, de les sortir de là..

On ne donne même pas la possibilité d’une seconde chance à ces êtres en souffrance, victimes pour la plupart d’être nées au mauvais endroit, au mauvais moment, dans les mauvaises familles. Ce centre est en faite une prison, un camp de concentration du futur !

Et si ce lieu existait ? Une sorte de prison ou comme durant la seconde guerre mondiale, on y met tous ceux qui ne rentrent pas dans les cases, gênent par leur seule présence ? Un futur pas si loin, qui nous glace le sang rien que de penser que cela pourrait être un jour une triste réalité.

Un roman touchant, bouleversant, noir, mais avec une note d’espoir. Le seul bémol beaucoup de description qui m’ont, parfois, fait perdre un peu le fil de ma lecture.

Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (31/01/2018)
Nombre de pages : 384

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Moe, 26 ans, hagarde, épuisée, son nourrisson dans les bras, est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé « la Casse ». La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales. Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit.
Au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la noirceur du quartier. Elles vont les adopter elle et son fils. Leur force, c’est leur cohésion, leur lucidité. Si une seule y croit encore, alors il leur reste à toutes une chance de s’en sortir. Mais à quel prix ?

Le goût profond de Sandrine Collette des atmosphères sombres, l’évocation hypersensible de la solidarité de ces femmes concourent à la réalisation sans merci d’une fresque à couleur d’apocalypse. L’Humanité.

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